Et si décevoir les autres rendait heureux ?


J’ai eu le plaisir de participer au World Speech Day 2018, qui a eu lieu simultanément dans 100 pays, le jeudi 15 mars 2018. L’objectif du World Speech Day est de partager une idée pour un monde meilleur. Et voici le mien 🙂

Le véritable bonheur est ce que nous ressentons lorsque nous nous sentons libres d’être nous-mêmes. L’accès à cette liberté passe par s’autoriser à décevoir les autres.

Et si décevoir les autres rendait heureux ?

Lorsqu’on m’a demandé : « quel est ton message pour un monde meilleur ? », la première question que je me suis posée est : « à qui aimerais-je le transmettre, ce message ? » Et la réponse m’est venue comme une évidence : à la Shiraz de 15 ans. Et aussi à mes neveux de 14 et 12 ans. Et également à maman, mais pas la femme d’aujourd’hui, mais plutôt à l’enfant qu’elle était et qui est quelque part en elle. A son enfant intérieur. Et à tous les enfants intérieurs qui m’écoutent en ce moment. Mon message est : « Autorise-toi à décevoir les autres ! ». Oui, autorise-toi à décevoir les autres. Sois loyal(e) envers toi-même, au risque de décevoir les autres.

Pour ma part, le risque de décevoir les autres est ce qui a conditionné ma personnalité jusqu’à il n’y a pas si longtemps. Alors, pour ne pas décevoir les autres, je suis devenue Ingénieur, alors que j’aurais aimé m’orienter vers les lettres. J’ai toujours aimé écrire, d’ailleurs mes démonstrations de maths ressemblaient plus à une dissertation ! Mais voilà, je ne m’autorisais pas à décevoir les autres… Mon mental était aux commandes de ma vie, tandis que mon cœur soupirait. J’étais le parfait petit soldat, obéissant et loyal. Et j’ai continué ainsi, je suis devenue le parfait petit soldat au travail aussi. A 31 ans, je chapeautais déjà une grande équipe, que je gérais de façon militaire ! Pas de place aux imprévus. 3 ans plus tard, je terminais un Executive MBA, et un avenir prometteur se profilait à l’horizon.

Mais… je souffrais de maux de tête, de dos, de déséquilibre de la thyroïde, j’ai été mise sous bétabloquants sans raison médicale, juste parce que mon cœur était en surchauffe constante. Et je ressentais un vide énorme, que je tentais de combler avec encore plus de travail. Je n’étais pas heureuse. Et j’avais peur. Peur d’admettre que je n’étais pas heureuse, car l’admettre signifierait qu’il fallait que quelque chose change. Et ça, ça me faisait peur, parce que ça signifiait prendre le risque de décevoir les autres. Mes parents, mon patron, mes collègues, mes collaborateurs, … Alors j’évitais tout simplement de me poser la question : « Qu’est-ce qui me rendrait heureuse ? »

Et puis une nuit de 2009, j’ai fait un rêve. J’ai rêvé de ma mort, j’avais 57 ans et j’avais succombé à cause du stress. Mon corps n’avait pas tenu. C’était comme si j’avais eu un aperçu du futur pour me mettre en garde. C’était si fort, que j’ai entendu. Et cette nuit-là, j’ai compris que j’avais le choix : rester sur cette ligne de vie en sachant comment elle se terminerait, ou reprendre les commandes de ma vie et m’engager à être moi-même. J’ai choisi la seconde option, tout en n’ayant aucune idée de ce que voulait dire être moi-même. D’abord, qui suis-je ? Qu’est-ce qui me rendrait heureuse ? Qui voulais-je devenir ? Lorsque nous sommes un parfait petit soldat, nous ne nous posons pas ce genre de questions dangereuses !

C’était il y a 9 ans.

Depuis, j’ai eu les réponses à ces questions, sans avoir eu besoin de les chercher. Vous savez, lorsqu’on s’engage à être soi-même, à s’écouter et à se découvrir de l’intérieur, la vie nous soutient. Elle nous apporte les bonnes personnes, elle nous donne des signes, avec douceur. Quelques mois après mon rêve, j’ai découvert le Yoga, la méditation et le Feng Shui. J’ai rencontré des personnes inspirantes et j’ai même expérimenté plusieurs miracles… Et tout ça fait de moi la personne que je suis aujourd’hui.

Lorsqu’il y a deux ans, j’ai envisagé de faire du Feng Shui mon métier, j’ai eu peur de décevoir ma famille (qui serait assez fou pour jeter à la poubelle 20 ans d’expérience, en plus des années d’études pour devenir ingénieur ? …). Mais à l’intérieur, ça poussait très fort. Alors je me suis lancée, avec le risque de décevoir les autres. Et le cadeau de m’être écoutée est le soutien inconditionnel de ma famille.

Depuis 2 ans, je suis Coach et Experte en Feng Shui, épanouie et heureuse. J’ai repris les commandes de ma vie. Et mon mental a repris sa juste place. En fait, j’écoute surtout mon cœur. Est-ce que ça vous arrive de faire quelque chose qui vous fait peur mais de dire « j’avais peur, mais je l’ai quand même fait parce que je sentais que c’est ce qu’il y a de mieux à faire » ? Voilà, on « sent », ça ne s’explique pas, ça se vit. Quand le cœur dit oui, mais que le mental a peur d’y aller parce qu’il y a le risque de décevoir quelqu’un, dites-lui : « Autorisons-nous à décevoir les autres. »

Alors, je terminerai avec mon message à la Shiraz de 15 ans, qui se résume en 3 points essentiels :

1- Autorise-toi à décevoir les autres, ça ne change pas l’amour de ceux qui t’aiment !

2- Sois honnête d’abord avec toi-même, même si ça fait mal des fois. Mais il vaut mieux regarder sa blessure et la soigner, plutôt que de la couvrir avec un pansement et se plaindre à chaque fois que l’on nous fait mal en appuyant dessus !

3- Sois patiente avec toi-même et prends ton temps,

le bonheur n’a pas de date de péremption !