Je ne veux pas être aimée comme une princesse

« A quoi ressemble l’homme idéal pour toi ? » Cette question qu’on se pose souvent entre copines nous ramène souvent à l’image du prince charmant. Mais êtes-vous sûre de vouloir être aimée comme une princesse ? Observons comment cette heureuse union fonctionne.

Le prince charmant et sa princesse adorée

Le prince charmant arrive et sauve la princesse. S’il la sauve, c’est qu’elle est la victime d’un bourreau : un parent dur, une vie dure, un boulot désagréable, la solitude, l’ennui, etc. Le bourreau peut représenter tout cela en même temps. Déjà, ça lui fait une sacrée responsabilité à porter le prince ! Il devient responsable de son bien-être. Il doit nourrir en permanence sa princesse d’amour (pas seulement en mots, mais en gestes surtout), d’attention (sans faille), de cadeaux (pas que des fleurs), de sourires (en la regardant dans les yeux), d’écoute (sans bailler) et de compréhension (quand elle ne veut pas cuisiner par exemple). Et surtout, il est fort, donc il n’a besoin de rien. Il doit être heureux et reconnaissant à la vie de l’avoir à ses côtés.

Sauf que… Dans ce type de relation, un jeu s’installe. Car si le prince cesse d’être charmant, il bascule en bourreau. S’il ne rend pas sa princesse heureuse, il va la rendre malheureuse, puisqu’il est détenteur de la clé de son bonheur.

La princesse se met alors à la recherche d’un nouveau sauveur : sa meilleure amie à qui elle va se plaindre, une nouvelle activité dans laquelle elle va se lancer, ou encore se plonger dans le travail pour se nourrir autrement.

Le prince ne comprenant pas ce qui arrive, il va se sentir victime, lui qui a tout fait pour être gentil et mériter l’amour de sa princesse… Comment peut-elle être aussi ingrate ?

Et le prince se souvient de son ami d’un autre royaume qui lui avait dit que pour être heureux, il fallait être froid, distant et méchant avec les princesses. Il essaye alors cette technique et se met à être fuyant. C’est alors que la princesse se rend compte qu’elle risque de le perdre et qu’il a l’air de ne plus l’aimer. Et cela lui est insupportable ! Alors elle se met à tout faire pour récupérer son prince charmant, pour qu’il redevienne comme au début. Elle se dépasse, elle ne demande plus rien et donne tout ce qu’elle a. Le prince charmant se dit alors que son ami de l’autre royaume avait raison. Il décide donc de s’installer dans ces nouvelles habitudes où il reçoit sans rien donner en retour à sa princesse.

Et quelques temps après, la princesse se souvient que sa meilleure amie lui avait dit que les princes aiment les femmes qui ne donnent rien et qui se laissent désirer. Et si elle avait raison ? Alors elle décide d’arrêter de donner et de mettre de la distance entre eux. C’est alors que le prince réalise qu’il peut la perdre et il se met à refaire ce qu’il sait qu’elle attend de lui : cadeaux, mots doux et attention à ne plus en finir. Voyez-vous le cercle sans fin ? Enfin, si… avec une fin, si un nouveau prince charmant débarque (peut-être le vrai ?)

Et si nous cessions de donner à l’autre la responsabilité de notre bonheur ?

Et si nous commencions déjà par regarder à l’intérieur de nous pour prendre conscience de nos besoins essentiels ? De quoi avons-nous besoin ? D’aimer et d’être aimés ? De liberté d’être nous-même ? De rire ? De paix intérieure ? Et de quoi d’autre ? (Prenez le temps de noter ce qui vient).

Une fois nos besoins identifiés, observons quelle stratégie nous mettons en place pour les nourrir. Peut-être que nous décidons (inconsciemment souvent) d’être la femme parfaite, ou parfois soumise, pour nourrir notre besoin d’amour. Ou encore, peut-être avons-nous pris l’habitude de tout garder en nous, ne rien exprimer, pour ne contrarier personne et avoir l’illusion de la paix intérieure ?

Quelles stratégies avez-vous mis en place pour répondre à vos besoins essentiels ? (Prenez le temps de noter ce qui vient).

Est-ce que vos stratégies fonctionnent ? Souvent la réponse est non. Malgré tous nos efforts, nous n’arrivons pas, ou difficilement à nourrir nos besoins en agissant sur l’extérieur ou sur les autres.

La manière la plus nourrissante est d’aller regarder à l’intérieur… Car chaque besoin est relié à un réservoir intérieur. Et chaque stratégie que nous posons vise à remplir nos réservoirs. Il y a le réservoir Amour, le réservoir Liberté, le réservoir Paix intérieure, etc. Et chaque réservoir, lorsqu’il est rempli, devrait rester rempli pour un bon moment. Sauf s’il est ébréché et qu’il fuit en continu… A ce moment-là, nous sommes en perpétuelle recherche de remplissage !

S’il s’agit du réservoir Amour par exemple, cela se manifestera par une recherche constante d’attention, de compliments et de mots doux. Et si on n’arrive pas à les recevoir, on les arrache en posant la question « tu m’aimes ? Pourquoi tu m’aimes ? Qu’est-ce que tu aimes en moi ? » environ chaque deux heures.

Et s’il s’agit du réservoir Liberté, cela se manifestera plutôt par une hypersensibilité à chaque demande de la part du ou de la partenaire, un ras le bol et une sensation d’étouffement.

En fait, chaque émotion, chaque ressenti du corps n’est qu’un message pour comprendre ce qui se passe à l’intérieur. Cela nous permet de connaître nos besoins et également de voir si une blessure n’aurait pas ébréché l’un de nos réservoirs.

Le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur.

Nos réactions parlent de nous et non de l’autre. Prenez l’habitude de vous poser la question que recommande Eckhart Tolle (extrait de « Le Pouvoir du moment présent ») : « Qu’est-ce qui se passe en moi en ce moment ? » Cela nous sortira de la posture de victime (qui par définition subit et ne peut rien changer) pour nous placer dans une posture d’adulte, responsable de son monde intérieur.

Non, je ne veux pas être aimée comme une princesse. Je veux aimer et être aimée comme une personne adulte parfaitement imparfaite. Et vous ?